Une déformation de position, pas une malformation
Le crâne d'un nourrisson est souple, et ses os ne sont pas encore soudés. Une tête qui repose toujours du même côté finit par s'aplatir à cet endroit. C'est une déformation crânienne positionnelle : elle vient d'un appui répété, pas d'une anomalie osseuse, et elle se corrige dans la grande majorité des cas.
Le couchage sur le dos ne se discute pas
C'est ce que la Haute Autorité de santé a tenu à réaffirmer dans ses recommandations de mars 2020. Le couchage strictement sur le dos, à plat, est le seul moyen de prévenir la mort inattendue du nourrisson. Une tête plate ne le remet jamais en cause : tout se joue sur les heures d'éveil, pas sur le sommeil.
Ce qui marche
Alterner chaque jour le sens du couchage — tête au pied du lit, puis l'inverse — pour que l'enfant ne tourne pas toujours la tête du même côté ; placer ce qui l'intéresse, la porte, la lumière, du côté opposé à sa préférence ; et surtout du temps sur le ventre pendant l'éveil, sous surveillance. La HAS parle d'au moins dix à quinze minutes, au moins trois fois par jour. Le change et les jeux au sol en fournissent autant d'occasions.
Coques, transats et balancelles
Chaque heure passée dans une coque, un transat ou une balancelle est une heure d'appui sur le même point du crâne. Le siège auto est fait pour la voiture : ce n'est pas un lieu de sieste au salon.
Quand consulter
Dès qu'on remarque une préférence marquée de la tête ou un aplatissement, en parler au médecin — un torticolis congénital est souvent en cause, et il se traite par kinésithérapie. En l'absence d'amélioration à la fin du premier semestre, une orientation vers un centre spécialisé des malformations craniofaciales est recommandée. Le casque, ou orthèse crânienne, reste exceptionnel : l'indication ne peut être posée que par ces équipes.