Ce que c'est
Dans les premiers jours qui suivent l'accouchement, souvent à partir du troisième, l'humeur bascule : larmes sans motif, irritabilité, hypersensibilité, sentiment de ne pas y arriver. Ce n'est ni rare ni anormal — 50 à 80 % des femmes qui accouchent le traversent. La chute hormonale brutale, l'épuisement de l'accouchement et le bouleversement du rôle s'additionnent.
Il passe seul
Le baby blues ne se soigne pas, il s'accompagne : du repos, de l'aide concrète à la maison, et quelqu'un à qui le dire sans avoir à se justifier. Il ne dure pas au-delà de deux semaines.
Au-delà de deux semaines, ce n'est plus lui
La dépression du post-partum touche 10 à 20 % des mères. Elle s'installe plus tard — le plus souvent entre la deuxième et la huitième semaine, parfois dans l'année qui suit — et elle ne s'estompe pas. Tristesse continue, perte d'élan, sommeil qui ne revient pas même quand le bébé dort, sentiment d'être une mauvaise mère, difficulté à ressentir un lien. Ce n'est pas une affaire de volonté, et elle se soigne d'autant mieux qu'on en parle tôt.
Un entretien est prévu pour ça
Depuis le 1er juillet 2022, un entretien postnatal précoce est obligatoire : il se fait avec une sage-femme ou un médecin, entre la quatrième et la huitième semaine après l'accouchement, et il sert précisément à repérer ces signes. Un second peut être proposé entre la dixième et la quatorzième semaine. Ce n'est pas un rendez-vous réservé aux situations qui vont mal — c'est un rendez-vous de suivi, comme les autres. Les pères et les co-parents sont concernés aussi : la dépression périnatale ne les épargne pas.