Pour un deuxième enfant, la difficulté n'est pas de choisir mais d'oser demander. On a déjà tout, on l'a dit à tout le monde, et l'entourage n'ose plus rien offrir — si bien qu'on rachète discrètement de son côté ce qui aurait très bien pu figurer sur une liste. Une liste courte et assumée règle ce malentendu mieux que n'importe quelle explication.
Trois choses se remplacent vraiment, et elles sont peu visibles. Le matelas, qui s'affaisse et ne se transmet pas d'un enfant à l'autre. Les tétines et les biberons, dont les matériaux vieillissent et se rayent. Et le siège auto s'il a plus d'une dizaine d'années, s'il a connu un choc, ou s'il ne répond pas à la norme R129 — les modèles à l'ancienne norme R44 ne sont plus commercialisés depuis 2023. Lit, mobilier, transat, baignoire et vêtements ressortent du placard sans discussion.
Ce qui manque est d'un autre ordre : tout ce qui permet de gérer deux enfants en même temps. Une poussette double, ou un moyen de portage pendant que l'aîné marche, change complètement les journées. Et prévoir quelque chose pour l'aîné le jour de la naissance n'est pas une superstition : c'est ce qui l'aide à trouver sa place.