Un bébé arrive, et avec lui une question très concrète : combien de temps le second parent peut-il rester à la maison, et comment s'y prendre ? Bonne nouvelle, le temps disponible a nettement augmenté depuis le 1er juillet 2026, avec la création d'un nouveau congé supplémentaire de naissance. Voici, sans jargon, tout ce à quoi vous avez droit, dans l'ordre où les choses se passent.
Retenez d'emblée qu'il n'existe pas un congé paternité, mais trois congés distincts qui s'enchaînent : le congé de naissance (quelques jours), le congé paternité et d'accueil de l'enfant (25 jours), puis le tout nouveau congé supplémentaire de naissance (1 à 2 mois). Chacun a ses propres règles, ses propres unités de calcul et ses propres délais. On les prend un par un.
1. Le jour J : le congé de naissance (3 jours)
C'est le congé le plus ancien et le plus simple. Prévu par le code du travail (article L3142-4), il vous donne 3 jours ouvrables à l'arrivée de l'enfant.
Attention au mot « ouvrables » : il désigne les jours du lundi au samedi, les dimanches n'étant pas comptés. Ce ne sont donc pas 3 jours « calendaires » d'affilée. Ce congé démarre le jour de la naissance ou, si vous préférez, le premier jour ouvrable qui suit.
Côté portefeuille, c'est le plus confortable : ces 3 jours sont payés par votre employeur comme des jours travaillés. Il n'y a aucune démarche auprès de la Sécurité sociale, vous prévenez simplement votre employeur.
2. Les semaines suivantes : le congé paternité et d'accueil de l'enfant (25 jours)
Vient ensuite le congé paternité et d'accueil de l'enfant (article L1225-35 du code du travail) : 25 jours calendaires, portés à 32 jours calendaires en cas de naissances multiples (jumeaux, triplés…). « Calendaires » signifie ici que l'on compte tous les jours, week-ends et jours fériés inclus.
Une première partie obligatoire de 7 jours
Les 4 premiers jours de ce congé suivent immédiatement le congé de naissance et sont obligatoires. Additionnés aux 3 jours de congé de naissance, cela forme une période de 7 jours pendant lesquels votre employeur n'a pas le droit de vous faire travailler. Vous n'avez rien à négocier : c'est la loi.
Le solde de 21 jours, à poser dans les 6 mois
Restent ensuite 21 jours (28 jours en naissances multiples), beaucoup plus souples :
- à prendre dans les 6 mois suivant la naissance ;
- fractionnables en 2 périodes maximum ;
- chaque période devant compter au moins 5 jours.
Beaucoup de parents choisissent de poser une première partie tout de suite, puis de garder la seconde pour le retour au travail de la mère : c'est souvent là que le relais est le plus utile.
Qui peut en bénéficier ?
Pas seulement le père. Le congé paternité et d'accueil de l'enfant est ouvert au père de l'enfant, mais aussi au conjoint, partenaire de PACS ou concubin de la mère, et cela sans condition de filiation : il n'est pas nécessaire d'être le parent légal de l'enfant.
3. La grande nouveauté : le congé supplémentaire de naissance (1 à 2 mois)
C'est le changement majeur pour tous les parents de 2026 et 2027. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisé par les décrets n° 2026-419, 2026-425 et 2026-427 du 30 mai 2026 (publiés au Journal officiel du 31 mai 2026), le congé supplémentaire de naissance est en vigueur depuis le 1er juillet 2026. Ce n'est donc ni une annonce ni un projet : vous pouvez le demander.
Ce qu'il prévoit
- Il s'ajoute aux congés maternité et paternité, et se prend après eux.
- Chaque parent y a droit, pour chaque naissance ou adoption : 1 à 2 mois.
- Il est fractionnable en deux périodes d'un mois.
- Les deux parents peuvent le prendre en même temps ou en alternance, selon ce qui vous arrange.
Combien êtes-vous payé ?
Pour les salariés, l'indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026). Le calcul se fait sur la base des 3 derniers mois de salaire.
Dans quels délais ?
Le congé supplémentaire doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance (délai prolongé en cas de naissances multiples). Le préavis est d'1 mois avant le début du congé, ramené à 15 jours s'il suit immédiatement un congé parental.
Les agents publics civils et les militaires ne sont pas oubliés : un décret dédié, le n° 2026-427, organise le dispositif pour eux.
Comment les trois congés s'enchaînent, sur un exemple
Imaginons un bébé né un jeudi, dans une famille où le second parent est salarié :
- Jeudi, vendredi, samedi : les 3 jours ouvrables de congé de naissance (le dimanche ne compte pas comme jour ouvrable).
- Les 4 jours suivants : début obligatoire du congé paternité, en jours calendaires cette fois. Avec l'étape 1, cela fait 7 jours consécutifs à la maison.
- Dans les 6 mois : le solde de 21 jours, en une ou deux fois (5 jours minimum par période).
- Après tout cela et dans les 9 mois : 1 à 2 mois de congé supplémentaire de naissance.
Combien touchez-vous pendant le congé paternité ?
Pendant les 25 jours de congé paternité, vous ne recevez pas votre salaire habituel mais des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Elles sont calculées sur la moyenne de vos salaires des 3 derniers mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Deux conditions principales : être affilié depuis au moins 10 mois et justifier d'une activité suffisante avant le congé.
Deux nuances importantes :
- Les fonctionnaires conservent leur traitement intégral : ils ne basculent pas sur des indemnités journalières.
- Certaines conventions collectives prévoient un maintien de salaire et complètent la différence : jetez un œil à la vôtre ou demandez aux ressources humaines.
Comme le montant dépend entièrement de votre situation, mieux vaut ne pas se fier à un chiffre trouvé au hasard : faites une estimation personnalisée avec le calculateur de congés et d'indemnités.
Démarches et délais : le calendrier à respecter
Rien de compliqué, mais tout est une question de dates. Voici l'ordre des opérations :
- 1 mois avant la date prévue d'accouchement : informez votre employeur par écrit de votre intention de prendre le congé paternité, en indiquant les dates envisagées. Un courrier ou un e-mail daté suffit, mais gardez-en une trace.
- 1 mois avant chaque période fractionnée : même formalité pour la deuxième partie de vos 21 jours.
- 1 mois avant le congé supplémentaire de naissance (15 jours s'il suit immédiatement un congé parental).
- Après la naissance : transmettez à votre caisse d'assurance maladie le justificatif de naissance (acte de naissance de l'enfant ou copie du livret de famille mis à jour). C'est votre employeur qui déclare l'interruption d'activité.
Organiser le foyer : là où le congé supplémentaire change tout
Jusqu'ici, le retour au travail de la mère coïncidait souvent avec un moment délicat : bébé a quelques semaines, les nuits sont encore hachées, et la place en crèche n'arrive pas toujours au bon moment. Avec 1 à 2 mois de congé supplémentaire pour le second parent, vous pouvez enfin construire un vrai relais.
Trois stratégies fonctionnent bien :
- L'alternance : le second parent enchaîne son congé supplémentaire juste après le congé maternité. La reprise de la mère se fait en douceur, sans passer directement par un mode de garde.
- Le chevauchement : les deux parents posent leur congé supplémentaire en même temps, par exemple au retour de la maternité ou juste avant une période chargée.
- Le pont vers la garde : vous placez le congé supplémentaire pour couvrir exactement les semaines qui vous manquent avant l'entrée en crèche ou l'arrivée chez l'assistante maternelle. Pour anticiper, notre article sur le choix du mode de garde et les aides financières vous aidera à caler les dates.
Ces semaines à la maison sont aussi l'occasion, pour le second parent, de prendre pleinement sa place dans les gestes du quotidien : bain, portage, promenades, endormissements. Nos 10 accessoires pour créer un lien fort avec bébé donnent quelques idées très concrètes.
Profitez de la grossesse pour tout caler d'un coup
Les démarches administratives, l'équipement et le budget se préparent au même moment, généralement au deuxième trimestre. Tant que vous êtes dans les papiers :
- estimez vos congés et vos indemnités avec le calculateur de congés de naissance ;
- faites le tri de l'équipement avec la checklist de naissance personnalisable, qui vous évite d'acheter en double ou en urgence ;
- ouvrez votre liste de naissance pour que vos proches participent aux vrais besoins, surtout si votre budget est un peu serré pendant les mois de congé.
Sur le bon moment pour vous lancer, notre guide quand créer sa liste de naissance détaille le calendrier idéal, trimestre par trimestre.
En résumé
- 3 jours ouvrables de congé de naissance, payés par l'employeur.
- 25 jours calendaires de congé paternité (32 en naissances multiples), dont 7 jours d'affilée obligatoires avec le congé de naissance, et un solde de 21 jours (28 en multiples) à poser dans les 6 mois, en 2 périodes de 5 jours minimum.
- 1 à 2 mois de congé supplémentaire de naissance par parent, en vigueur depuis le 1er juillet 2026, indemnisé à 70 % puis 60 % du net sous plafond, à prendre dans les 9 mois.
- Préavis : 1 mois dans presque tous les cas. C'est le seul vrai piège.